L'affaiblissement des bovins - une réalité
Constaté, mesuré. On abordera les causes, les conséquences et les solutions.
BIOLOGIE
Pascal
1/20/202610 min lire
Boiteries, infertilités, délivrances difficiles, mammites, inflammations et infections en témoignent et sont en augmentation.
Si on voulait plagier une célèbre tragédie anglaise, on pourrait s'écrier "il y a quelque chose de pourri dans le royaume de l'élevage"
Introduction
Si on s'intéresse uniquement aux boiteries, pour résoudre la situation, on peut
1. faire appel à un service extérieur qui sera géré par l'éleveur selon ses besoins, ses moyens ou sa disponibilité. Le meilleur exemple de dérives est celui de la société MSB en Bretagne, par son entremise, elle fait la promotion d'un système de pédiluve pour lequel on comprendra que cette recommandation est le fruit d'un certain lobbying.
On peut prévoir une pédicure systématique de l'ensemble des bêtes ou diviser le troupeau par lot. En Hollande, il est très fréquent de renouveler la pédicure 3 ou 4 fois par an.
2. s'équiper d'une cage de contention et suivre une formation (ou suivre des vidéos sur YouTube ou d'autres médias)
3. investir dans un système de pédiluve simple ou perfectionné.
Toujours est-il que la gestion de ces seules boiteries conduit à des frais qui deviennent réellement très lourds à supporter sans nécessairement obtenir un résultat à la hauteur et sans répondre à d'autres troubles qui alourdissent l'élevage. Quels que soient les choix sur le sujet, dans tous les cas, ces solutions représentent des coûts annuels permanents. Cette fragilisation des bovins a été mesurée et constatée en grande partie au moyen d'échantillons biologiques très variés tels que des prélèvements de sols, de fumiers, de lisiers, d'ensilages, d’enrubannages, de lait, de sang, de bouses. Il s'agit d'un réel travail de patience. Une fois ces nombreuses données obtenues, la difficulté a consisté à les comprendre, les justifier et interpréter ces valeurs relevées. Il n'existe actuellement pas de tables de lecture permettant d'associer ces données, de les corroborer.
Enfin, la solution consiste à apporter des corrections grâce à un panel de connaissances que ne peuvent pas apporter d'autres structures.
[ Il y a de nombreuses années, un nutritionniste "indépendant" m'avouait la difficulté à vendre ses conseils. Pour contourner cette problématique, il se commissionnait sur les compléments alimentaires, ce qui dénature obligatoirement les conseils proposés].
En effet, les animaux sont nourris comme jamais, ils n'ont été, ils sont complémentés, suivis à tous les stades de leur évolution (suivi de fécondité, sexage, accouplement, gestation et bien d'autres choses encore). Alors pourquoi ça ne fonctionne pas?? Et là, je ne parle que des boiteries, mais on peut aussi souligner les maladies virales qui menacent lourdement et actuellement l'élevage.
L'ensemble de mon travail n'a jamais été exposé pour des raisons de confidentialité. La recherche de visibilité a des fins stratégiques apporte aussi des travers que je ne souhaitais pas. Cette discrétion a permis de conduire cette recherche en toute intégrité et autonomie. Il s'agit fondamentale d'apporter de réelles solutions structurelles pour assurer des garanties tangibles pour l'élevage de demain.
Appauvrissement au niveau des sols cultivés :
Depuis les travaux décriés mais néanmoins exemplaires du couple Claude et Lydia Bourguignon ainsi que d’autres précurseurs, on sait que les sols sont en mauvais états. Pollués et détruits par divers produits chimiques auxquelles se sont ajoutés des engins lourds. Il aura suffi d’un peu plus d’un demi siècle pour opérer cette destruction massive.
Une destruction moins connue est celle des réseaux mycorhiziens qui sont préservés dans les forêts et que les amateurs de champignons apprécient. Jusqu'à quand ?
Les conséquences de l’appauvrissement du réseau mycorhizien provoquent une perte de l’association symbiotique entre les champignons et les racines des végétaux.
Cette collaboration est bénéfique aux deux car ils en tirent un bénéfice mutuel.
La photosynthèse des plantes permet d’apporter le carbone au champignon microscopique qui en retour explore le sol au-delà des racines (un mètre de racine = jusqu’à mille mètres de filaments mycéliens, augmentant l’efficacité par 10.000 comparés aux poils absorbants).
Les bénéfices directs de cette association :
-meilleure absorption de l’eau et résistance à la sécheresse.
-accès augmenté aux nutriments essentiels comme le cuivre et le zinc
-protection naturelle contre les maladies*
-réduction importante des besoins en engrais**
-production de polyphénols et divers métabolites secondaires au niveau des plantes (retour d’informations)
-amélioration de la structure du sol (aération et drainage optimal)
*Ce réseau mycorhizien crée une barrière physique naturelle et produit des substances qui repoussent les pathogènes. Il a également un rôle informatif en communiquant chimiquement avec les plantes sur la situation des sols ( alertes sur la présence de ravageurs)
** l’apport de phosphate rend le sol fainéant*. Le réseau ne se développe pas bien, L’information chimique associant plante et champignon se perd, ce qui a pour conséquence d’ouvrir la voie à divers pathogènes (nématodes ou champignons parasites).
* Vous l'ignoriez ? C'est logique, la vente d'engrais est une industrie très rentable et surtout très polluante. On préfère laisser le monde agricole dans l'ignorance en prétextant qu'ils sont indispensables.
Ces engrais ont autant de valeur que le star pilote pour un moteur perpétuellement mal réglé
N.B. Certaines plantes ne forment pas de mycorhizes arbusculaires par exemple les choux, les radis, les betteraves.
N.B.2 voir le réseau de hartig : https://www.aquaportail.com/dictionnaire/definition/8538/reseau-de-hartig
Appauvrissement de l’amendement des sols :
Conséquence de pratiques agricoles à remettre en cause
(Ces mesures ont été réalisées et, bien qu’elles doivent encore se poursuivre de longues
années, ces premières constatations sont parlantes).
Les aires paillées :
Peu à peu, on voit se répandre une pratique qui consiste à remplacer la paille par du miscanthus. Les réseaux sociaux non pas les propriétés absorbantes, mais les propriétés drainantes.
Il s’agirait de labourer une épaisse couche de miscanthus quotidiennement pour limiter l’échauffement et favoriser l’assèchement. On a vraiment l'impression de découvrir, ou au contraire oublier quelque chose
Une logique qui va indéniablement provoquer une perte considérable d’effluents d’élevage.
Il y a quelques décennies, on a déstructuré les sols par un labour intensif, convaincu que c’était nécessaire et que c’était la meilleure solution. Avec ce miscanthus, on reproduit exactement les mêmes erreurs.
Lorsqu’une aire paillée est souillée par les bouses et les urines, elle demande à être évacuée et stockée pour que les bactéries et les champignons puissent commencer lentement leur travail afin qu’un fumier mature soit répandu sur les sols lors de la belle saison. Cette maturation est nécessaire pour que se multiplient les organismes grâce à la fois à un certain taux d’humidité, de température, de pH et d’oxydoréduction. Ces conditions sont impératives.
Cette connaissance élémentaire disparait comme d’autres pratiques tout aussi délétères pour le monde du vivant.
En agissant de la sorte, cela conduit à un lessivage de l’aire paillée où les composants essentiels comme le carbone ou l’azote vont se volatiliser rapidement (méthane, CO2, sulfures, etc.).
Les citernes à lisier :
Je ne pense pas que l’on ait alerté sur de mauvaises pratiques dont les conséquences sont identiques. En effet, les citernes à lisiers sont un mode d’élevage encore trop récent pour qu’on s’y soit intéressé de près. Dans certaines exploitations, Le constat est alarmant.
Agitateurs et ventilateurs sont d’autres pratiques qui ont les mêmes conséquences conduisant à une vaste soupe qui a perdu ses composants essentiels.
Les pertes sont extrêmement variables. J’ai moi-même été surpris des mesures réalisées. Ainsi, j’ai remarqué qu’une certaine vitalité pouvait être préservée selon l’asséchant utilisé. La sciure, la paille hachée a un effet favorable en entretenant une activité biologique alors qu’un apport de chaux est assurément destructeur.
Appauvrissement des plantes cultivées :
Ces amendements appauvris engendre nécessairement un affaiblissement des plantes qui ne fixent plus ou ne trouvent plus les éléments vitaux. La diminution des métabolites secondaires explique la perte de saveur des fruits ou des légumes cultivés intensivement que l’on retrouve facilement dans les étales de la grande distribution.
Les animaux reçoivent des quantités importantes de nourriture, cependant, elle a perdu toutes ses qualités nutritives. Les tables d’alimentation présentent un volume mais pas de qualité.
S’ajoute au débat, une constatation récente qui doit aussi alerter l’éleveur. Il s’agit de l’augmentation des mycotoxines dans l’alimentation. Mais cette constatation est trop récente pour qu’elle soit exploitable. Cette augmentation, je l’ai particulièrement remarquée chez un client que je suis depuis 25 ans. Des analyses devraient être faites mais je suppose que les contraintes budgétaires s’opposeront à ce qui m’apparaît comme une évidence. En l’occurrence, il s’agissait d’un mélange de triticale et de poids stocké sous toiture. Pour éviter les mycotoxines, il faut impérativement ne pas dépasser 14 ou 15 pourcent d’humidité, ce qui est impossible dans de telles conditions. Des recherches sont nécessaires car l’augmentation des mycotoxines pourrait logiquement apparaître également dans les ensilages.
Les métabolites secondaires comme les tanins, les flavonoïdes et d’autres constituants des plantes ont aussi comme vocation d’éviter la colonisation fongique. Leur diminution devrait donc favoriser la germination des spores et la croissance mycélienne. Ce qui pourrait expliquer cette augmentation
Appauvrissement de l’alimentation des bovins :
Les plantes ne se nourrissent plus comme elles le devraient. La conséquence est une perte de vitalité des ensilages (je pense particulièrement à l’ensilage de maïs de Luc, dans la province belge du Namurois, qu’il gardait précieusement pour nourrir, avec beaucoup de parcimonie, son troupeau alors que la mesure montrait une perte de vitalité flagrante).
Bien sûr, on pense que l’on complémente les animaux avec des VMC (parfois même sous forme de bolus). Cependant, ces compléments sont majoritairement évacués et non assimilés par les bovins qui sont incapables d’en retirer un quelconque nutriment.
Seuls les bactéries autotrophes sont capables de valoriser directement ces minéraux, mais hélas ils ne constituent qu’une très petite quantité des bactéries ruminales. Comme tout est calculé dans le monde du vivant, leur vocation sert seulement à stabiliser l’équilibre redox du rumen.
Appauvrissement de l'éleveur lui-même :
Cette cascade de conséquences doit être mise en évidence. Elle impacte lourdement le monde agricole, pilier indispensable de l'économie sur lequel pèsent d'importantes responsabilités, qu'elles soient vues sous divers angles (économique, familial ou sociétal). Il y va de la survie des éleveurs que chaque acteur en perçoive la nécessité pour éviter un basculement dont chacun fera les frais.
D'autres solutions existent, encore faut-il les mettre en place. (Comme dirait Boris, il suffit de les rêver)
Ces réflexions doivent nécessairement être bénéfiques. Leur concrétisation apportera une meilleure santé au monde agricole. Elle demande de la patience, des réflexions profondes et des porteurs de projets.
Il s'agit avant tout d'éveiller les consciences
Conclusions :
Tout ce travail de recherche a permis de mettre en évidence et justifier qu’un effondrement de l’activité enzymatique est en cours. Il est probable qu'il soit très rapide mais je ne peux pas le préjuger. Toute l’activité biologique du vivant est infiniment contrôlée par ces réactions (voir mes autres publications).
Il me semble illusoire à la fois de les nier ou espérer corriger cette dérive par une approche instinctive car elle est trop complexe. Les tentatives conduiraient à une aggravation de la situation. Je pense particulièrement aux conseils prodigués via les réseaux sociaux, ChatGPT et autres.
On connaît l'entêtement des éleveurs. Il est nécessaire pour traverser les épreuves. Cette détermination n'est pas suffisante. J'en veux pour preuve la naïveté tout aussi légitime* qui accompagne cette opiniâtreté grâce à laquelle sont diffusées les informations. L'exemple des pédiluves au formol (voir article sur le sujet) en témoigne
Cette approche a été réalisée suite à mes constatations sur l’augmentation anormale des boiteries des bovins. Il s’agissait d’en comprendre les origines. C'est chose faite.
*La naïveté dont je parle : le monde agricole se complexifie et certainement plus d'autres domaines. Le savoir est indispensable mais il est nécessairement dilué par la somme des incertitudes. Chaque instant de la vie agricole devient un pari perpétuel. Une partie du job demande de savoir déléguer. Le dilemme consiste à savoir jusqu'où et à qui.
Prochainement, une nouvelle méthode de soins devrait être réalisée chez Fabien, un éleveur des Ardennes françaises (à la condition qu’il accepte). Le troupeau est en parfaite santé, la maladie de Mortellaro qui était présente depuis une vingtaine d’années a disparu grâce à mes recommandations et sa confiance. Cette crédibilité acquise au cours du temps a été nécessaire pour assurer cette réussite. Les mesures réalisées l’année passées montrent une conduite exemplaire. Il s’agira donc de proposer simplement de nouvelles mesures de contrôle afin de s’assurer du maintien de cet équilibre. Le troupeau ne boite plus depuis un an, je vais donc proposer à Fabien de convertir le temps et les frais de pédicure en un travail de mesures du troupeau pour s’assurer que l'équilibre est préservé. En effet, par exemple chaque année, les animaux reçoivent de nouveaux ensilages. Il s’agira de les mesurer et y apporter d’éventuelles corrections ou des recommandations. Je ne doute pas qu'elles seront suivies.
Chercher à combattre le vivant avec des produits de synthèse a été la base de pratiques qui ont conduit à cet affaiblissement depuis plus d’un siècle.
Chaque organisme a un équilibre qui lui convient parfaitement et vers lequel il cherchera à se diriger. L’émergence d’un pathogène survient lorsque cet équilibre est rompu. Dans ce cas et seulement dans ce cas, l’organisme propose un environnement qui est favorable à ce pathogène.
On pourrait probablement vaincre toutes les maladies infectieuses, parasitaire, fongique, bactrienne ou virale grâce à ce raisonnement sans aucun produit de synthèse. Ces produits ne sont pas reconnus par l’organisme, il ne sait dont pas quelle stratégie adopter.
On pourrait donc envisager traiter sans vaccins. Il s’agirait alors de comprendre les facteurs déterminants favorables à telle ou telle maladie. Pour la dermatite, cela a demandé plus de 2 ans de travail.
C’est sur base de cette méthode de travail que je parviens à éliminer la dermatite.
Grâce à une expérience (souvent remise en doute comme on en a pris l’habitude sur les réseaux sociaux) j’ai rassemblé les déterminants essentiels de la maladie pour conduire les bovins vers un état d’équilibre qui l’éloigne des conditions nécessaires à l’expression de la maladie.
