Le beurre et le Mortellaro

ou le beurre, l'argent du beurre...et le Mortellaro

MORTELLARO - DERMATITE DIGITÉE

Pascal

1/25/20262 min lire

Les premières régions touchées par la dermatite sont des régions où l’industrie laitière s’est hautement spécialisée et où les vaches ont été sélectionnées pour leur caractère laitier comme nulle part ailleurs.
Mais ce sont avant tout les régions où les pratiques agricoles sont les plus dégradées.

Ce sont ces régions où l’on fait largement usage de sous-produits, de médicaments , où la rotation des cultures est importante, optimisée, doit-on dire.

Comment approcher ces éleveurs mieux informés que les autres et qui usent leur santé pour leur montrer cette évidence ?

La Hollande, le pays d'Herve, la Bretagne ou la vallée du Po sont autant d’endroits où les structures vétérinaires sont les plus imposantes, ou la nécessité du parage n’est plus à démonter, ou l’emploi du propylène glycol s’est généralisé, comme si on généralisait l’emploi du star pilote dans les écuries de Formule 1.

Comment espérer de ces éleveurs une prise de conscience de cette réalité alors que ce sont les plus désespérés.

Ces éleveurs sont trop bien entourés, trop de personnes gravitent autour et cet éclair de lucidité leur serait certainement préjudiciable.
Ils ont voulu le beurre et l’argent du beurre. Tous ces conseillers sont là pour entretenir cette spirale sans fin d’un élevage à la dérive qui doit être chaque jour un peu plus soutenu.
La fécondation baisse ? Un technicien va vous conseiller le croisement de race, un autre viendra avec des doses sexées. Les chaleurs sont discrètes? Le vétérinaire à la solution. Dans 3 jours, elles seront visibles.

Les pédiluves sont devenus une nécessité. Demain, ce sera quoi ? Probablement des vaccins, encore une nécessité réclamée par les éleveurs eux-mêmes.


Comment espérer monter à ces personnes que ces pratiques, une à une, conduisent à leur précarité.

Plus près du mur, on voit mieux le mur.

En effet, il y a trop de personnes pour faire obstacle : vétérinaires, marchands d’aliments, d’engrais, divers produits, laiteries ou les éleveurs eux-mêmes, abrutis par des réseaux sociaux qui les encouragent à poursuivre leur entêtement.

En Suisse, où certains éleveurs ont su préserver les traditions laitières pour fabriquer des fromages de qualité comme le Gruyère AOP, l'Emmentaler AOP, le Sbrinz AOP, les troupeaux sont épargnés de la maladie.

L'an dernier, j'ai été surpris d'apprendre que la DNC avait fait son apparition en Haute-Savoie. Sans aucun doute, c'est le signe d'une disparition des traditions laitières.

Lorsque l'organisme s'affaiblit, il perd progressivement son immunocompétence, les premières infections sont virales. FCO, DNC, paratubeculose ne sont que les premiers signes de cet affaiblissement de la même manière que les personnes âgées doivent se faire vacciner contre la grippe.

En travaillant sur cette solution pour éliminer la maladie de Mortellaro, j'ai aussi réalisé deux choses :

-beaucoup d'argent est dilapidé dans de fausses solutions sur lesquelles j'ai moi-même fermé les yeux par ignorance.

- en travaillant sur l'élimination de cette maladie, la santé des troupeaux s'améliorent nécessairement, les vaches reviennent en chaleurs, les inflammations inexpliquées disparaissent, les vêlages se passent mieux et les veaux se portent mieux.

En effet, il n'y a que deux possibilités, l'organisme est ou n'est pas à l'équilibre.

La direction prise par le monde agricole rend le travail plus compliqué chaque jour pour retrouver cet équilibre.

La difficulté réside dans l'urgence qui demande d'être sur le pond, une urgence qui s'accélère jour après jour.